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Bronzage et allergies solaires
Publié le 29/07/2026
Pour un certain nombre de gens, il est indispensable de revenir bien bronzé.e des vacances d’été, preuve inégalée d’avoir passé de splendides vacances. Beaucoup y voient également le signe d’un « plein de vitamine D », même si un bronzage marqué n’est pas nécessaire à sa synthèse. Or, sans tomber dans la tanorexie (l’addiction au bronzage), il convient d’être vigilant.e lors de ses expositions.
Les UVA (95 %), responsables du vieillissement prématuré de la peau, pénètrent plus profondément dans la peau que les UVB (5 %), car ils sont assez puissants pour traverser le verre d’une vitre (maison, voiture). En revanche, les UVB atteignent principalement l’épiderme ; ils sont responsables des coups de soleil et contribuent également au développement des cancers de la peau. De fait, ce sont plutôt les expositions intermittentes que progressives qui favorisent le déclenchement des allergies chez les personnes à risque.
On peut se découvrir une allergie au soleil, la plus fréquente étant la lucite estivale. Elle peut être bénigne (LEB) : un prurit, soit des plaques rouges parfois urticantes, apparaît après une exposition et frappe généralement les jeunes femmes adultes à peau claire (90 %), ou les personnes à peau claire, sur les zones du corps les plus exposées : le décolleté, les épaules, les bras, le haut du dos, les avant-bras, les jambes et parfois le dos des mains.
Boutons, cloques, démangeaisons et plaques la distinguent des coups de soleil, même si la lucite peut occasionner des sensations de brûlure. Elle survient dès le début de l’exposition (après quelques heures) au soleil et peut durer environ une à deux semaines en moyenne, selon les individus. Elle peut devenir chronique et pourrait être liée à des prédispositions génétiques.
Il existe aussi la lucite polymorphe, moins répandue, qui apparaît sur le visage et s’intensifie au cours des années.
L’urticaire solaire, semblable à des piqûres d’orties, se déclenche quelques minutes après l’exposition et forme des plaques très visibles qui démangent. Elle peut occasionner des maux de tête, voire une accélération du rythme cardiaque.
Enfin, la photodermatose printanière juvénile surgit au niveau des oreilles des jeunes enfants et des adolescents, plus fréquemment chez les garçons. Parfois, cela concerne aussi le visage et le cou.
Une peau claire, réactive, avec des antécédents de photosensibilité ou une barrière cutanée fragilisée, peut présenter une éruption cutanée plus marquée. Aussi, les produits appliqués (crèmes solaires, parfums, exfoliants, cosmétiques), certains médicaments photosensibilisants et le contexte environnemental amplifient la réaction et prolongent la phase inflammatoire.
En tout état de cause, consultez un médecin, idéalement un dermatologue, ou un pharmacien si vous rencontrez ce type de problème pour la première fois, afin d’éviter un autodiagnostic et/ou une automédication fautifs. Les causes de boutons et de prurit sont nombreuses : allergies alimentaires, maladies infectieuses, réactions médicamenteuses, maladies sexuellement transmissibles (MST), etc.
Pour éviter d’avoir à soigner irritations ou démangeaisons, le meilleur moyen reste la prévention :
Avant le retour des beaux jours, voir avec son médecin si une photothérapie préventive réalisée sous contrôle dermatologique dans les semaines précédant les premières expositions, ou si des compléments alimentaires à base d’antioxydants, est indiquée. Cette photothérapie est réservée à certaines situations particulières, notamment en cas de lucite estivale, et ne doit pas être confondue avec les séances d’UV en cabine. Les antioxydants contribuent à protéger la peau du stress oxydatif induit par les UV, sans pour autant remplacer les mesures de photoprotection.Éviter l’exposition aux rayons directs du soleil de 11 h à 16 h ; sinon, rechercher l’ombre, porter des vêtements amples et légers, de préférence en matières naturelles (coton, lin, chanvre…), un chapeau et des lunettes de soleil.
L’exposition doit toujours être progressive pour ne pas traumatiser l’épiderme, et ce dès le printemps, surtout avec l’augmentation des épisodes de forte chaleur liée au dérèglement climatique.
Opter pour une crème solaire d’indice de protection SPF 30 au minimum, à large spectre (UVA et UVB), portant la mention « peaux sensibles », dont on renouvelle l’application toutes les deux heures en cas d’exposition prolongée, ainsi qu’après chaque baignade ou transpiration importante.
Hydratez-vous régulièrement et hydratez également votre peau, fragilisée par le vent, le sable et le sel.
Si l’allergie solaire se produit, la priorité reste l’arrêt de l’exposition, le refroidissement cutané par des compresses d’eau froide ou des poches de froid afin de réduire les démangeaisons, une photoprotection rigoureuse et, si besoin, une prise en charge médicale adaptée. Si l’allergie est très marquée, voire invalidante, une prescription d’antihistaminiques, d’anti-inflammatoires ou de corticoïdes peut se révéler nécessaire.
Enfin, veillez à ne pas vous gratter afin d’éviter les cicatrices…
Votre pharmacien.ne et son équipe vous souhaitent d’agréables vacances.